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Droit du travail

Simulation des congés payés en fin de contrat : deux calculs pour vérifier votre indemnité

Élise Kerjean-Montreuil 8 min de lecture
Simulation calcul congés payés en fin de contrat

À la fin d’un contrat, les congés acquis mais non pris donnent droit à une indemnité compensatrice de congés payés (ICCP). Pour estimer son montant brut, il faut connaître votre solde de jours, votre rémunération de référence et votre salaire habituel. Le calcul compare la règle du dixième au maintien de salaire : l’employeur doit retenir le résultat le plus favorable.

Préparer votre simulation avec les bonnes données

Réunissez vos bulletins de paie, votre compteur de congés et les dates de début et de fin du contrat. Une simulation de calcul des congés payés en fin de contrat doit intégrer les droits acquis jusqu’au départ, pas seulement ceux figurant sur l’avant-dernier bulletin.

Simulateur d’indemnité de congés payés en fin de contrat

Comparez la méthode du dixième et celle du maintien de salaire.

Situation du contrat

Base indicative du maintien : 26 jours ouvrables.

Droits à congés

Mode de saisie des droits acquis

Acquisition estimée : 2,5 jours ouvrables par mois.

À vérifier selon l’historique, les accords et la convention collective.

Rémunération et calcul

Montant de la période retenue pour la méthode du dixième.

Base mensuelle indicative pour le maintien de salaire.

Vous pouvez reprendre le nombre de jours restants calculé ci-dessous.

Résultat de l’estimation

Droits acquis0,00 jour
Total avec reports0,00 jour
Jours restant à indemniser0,00 jour

Méthode du dixième

0,00 € brut

10 % de la rémunération de référence, puis application de la quote-part des jours restants.

Maintien de salaire

0,00 € brut

Salaire brut habituel ÷ base mensuelle indicative × jours à indemniser.

Méthode la plus favorable selon les données saisies À calculer

Estimation indicative : l’assiette doit être vérifiée selon les primes, les absences, les périodes de référence et la convention collective applicable. Les reports, congés supplémentaires et éléments variables ne sont pas calculés automatiquement. Les diviseurs moyens de 26 jours ouvrables ou 21,67 jours ouvrés ne remplacent pas un calcul selon l’horaire réel. Cette estimation concerne l’ICCP et ne comprend pas l’indemnité de précarité, notamment applicable dans certaines fins de CDD ou missions d’intérim.

Les deux méthodes doivent être comparées lorsque les conditions légales sont réunies ; le montant effectivement dû dépend des éléments vérifiés par l’employeur et, le cas échéant, des règles conventionnelles.

  • Dates et période de référence : habituellement du 1er juin au 31 mai, sauf règle différente applicable dans l’entreprise.
  • Rémunération brute de référence : salaires et éléments variables entrant dans l’assiette des congés.
  • Salaire au départ : rémunération habituelle et organisation du travail pour évaluer le maintien.
  • Compteur de congés : jours acquis, déjà pris et éventuellement reportés.
  • Situations particulières : maladie, temps partiel, changement de salaire, CDD ou intérim.

Le premier calcul est simple : jours restant à indemniser = droits acquis + reports encore valables − jours déjà pris. Séparez les périodes de référence si elles correspondent à des rémunérations différentes. Les RTT et jours placés sur un compte épargne-temps ne se confondent pas avec les congés payés.

Un simulateur pertinent affiche les deux méthodes, leur assiette et l’unité utilisée. Un outil limité au calcul de l’indemnité de précarité ne calcule pas nécessairement l’ICCP : ces deux sommes sont distinctes.

Fiabiliser le nombre de jours avant de calculer leur valeur

Jours ouvrables et jours ouvrés : conserver la même unité

Le droit commun prévoit 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif ou assimilé, soit 30 jours pour une année complète. Un décompte en jours ouvrés doit garantir des droits équivalents : généralement 25 jours annuels pour une organisation sur cinq jours, avec un repère mensuel de 2,08 jours.

DécompteJours habituellement comptésDroit annuel standard
Jours ouvrablesDu lundi au samedi, hors jours fériés habituellement chômés30 jours
Jours ouvrésJours normalement travaillés dans l’entreprise, souvent du lundi au vendredi25 jours

Ne multipliez jamais un solde en jours ouvrables par une valeur journalière calculée en jours ouvrés. À temps partiel, le nombre de jours acquis n’est pas réduit proportionnellement aux heures travaillées ; la rémunération et le décompte des jours pris tiennent néanmoins compte des règles applicables.

Départ en cours de période, arrondi et maladie

Pour une période incomplète, les droits sont calculés selon le travail effectif et les périodes assimilées. En décompte légal ouvrable, un résultat non entier est porté au nombre entier supérieur : 9 mois donnent ainsi 22,5 jours, arrondis à 23 ; 7 mois donnent 17,5 jours, arrondis à 18. Évitez d’arrondir chaque mois séparément.

La maladie non professionnelle ouvre droit à 2 jours ouvrables par mois d’arrêt, dans la limite de 24 jours acquis à ce titre par période de référence. L’accident du travail et la maladie professionnelle permettent une acquisition de 2,5 jours ouvrables par mois. Des congés empêchés par la maladie peuvent bénéficier d’un report de 15 mois, dont le point de départ dépend notamment de la situation et de l’information donnée par l’employeur.

Comparer le dixième et le maintien de salaire : exemple chiffré

La règle du dixième appliquée au solde restant

Selon l’article L3141-24 du Code du travail, la méthode du dixième repose sur 10 % de la rémunération brute de référence. Cette enveloppe correspond aux droits de la période : il faut ensuite déterminer la part correspondant aux jours non pris.

Prenons une rémunération annuelle de 35 200 € brut, 30 jours ouvrables acquis et 8 jours restant à indemniser. L’enveloppe est de 3 520 €. La part des congés restants atteint donc : 3 520 × 8 ÷ 30 = 938,67 € brut. Verser les 3 520 € intégralement reviendrait ici à indemniser aussi les jours déjà pris.

Le maintien de salaire et le montant à retenir

Le maintien correspond au salaire que vous auriez perçu en travaillant pendant une durée équivalente aux congés. Il dépend du salaire habituel, de l’horaire et du calendrier retenu. Les diviseurs moyens de 26 jours ouvrables ou de 21,67 jours ouvrés servent de repères de simulation, mais ne remplacent pas systématiquement un calcul fondé sur l’horaire réel.

Avec un salaire mensuel de 2 800 € brut, l’estimation sur une base moyenne de 26 jours donne : 2 800 ÷ 26 × 8 = 861,54 € brut. Dans cet exemple, le dixième est plus favorable : l’estimation retenue est donc de 938,67 € brut, sous réserve du calcul exact du maintien et des dispositions conventionnelles.

Une augmentation récente peut favoriser le maintien de salaire ; des commissions ou heures supplémentaires importantes peuvent favoriser le dixième. Il n’existe donc pas de valeur universelle d’un jour de congé.

Ajuster l’assiette et les règles selon votre contrat

L’assiette du dixième comprend notamment le salaire de base, les heures supplémentaires et les éléments variables liés au travail qui sont affectés par la prise des congés. Les commissions, primes et avantages en nature nécessitent un examen de leurs conditions d’attribution. Les remboursements de frais professionnels sont exclus.

Un treizième mois versé indépendamment des congés, couvrant à la fois les périodes travaillées et les vacances, n’est généralement pas ajouté à cette assiette : cela créerait un double paiement. Pour la maladie non professionnelle, la rémunération reconstituée utilisée dans le dixième obéit également à une règle spécifique, à hauteur de 80 %.

  • CDI : l’ICCP reste due pour les droits non pris en cas de démission, licenciement, rupture conventionnelle ou départ à la retraite, y compris en cas de faute grave ou lourde.
  • CDD : les congés non pris sont indemnisés à la fin du contrat, sous réserve notamment d’une poursuite en CDI. L’indemnité de précarité, lorsqu’elle est due, entre dans la base de calcul des congés.
  • Intérim : l’indemnité compensatrice est due pour chaque mission et ne peut être inférieure au dixième de la rémunération brute totale, indemnité de fin de mission comprise.

La convention collective peut prévoir des droits plus favorables. Des congés supplémentaires, notamment de fractionnement lorsqu’ils sont dus, doivent aussi être vérifiés avant de figer le solde.

Contrôler le montant versé avec le solde de tout compte

L’ICCP est versée à la fin du contrat avec les autres sommes dues et apparaît sur le dernier bulletin de paie. La simulation donne un montant brut, pas un montant net : l’indemnité supporte les cotisations et contributions applicables au salaire et entre dans le revenu imposable.

Faites de votre compteur de congés une vigie : comparez son évolution entre le dernier bulletin complet et celui du départ. Un solde inchangé peut signaler l’oubli des droits acquis pendant le dernier mois ; une baisse inexpliquée peut révéler une déduction erronée. Ce contrôle des mouvements permet de repérer une anomalie avant même de discuter la valeur d’une journée.

  1. Rapprochez les jours indemnisés de votre compteur final, reports compris.
  2. Demandez l’assiette du dixième et le détail du maintien de salaire.
  3. Vérifiez les primes, les absences et l’unité de décompte.
  4. Comparez le montant brut obtenu à la ligne ICCP, et non au total du virement.

En cas d’écart, demandez une explication écrite au service paie avec vos justificatifs. Une estimation permet de détecter une incohérence ; le calcul définitif exige les paramètres exacts du contrat et de la convention collective.

Élise Kerjean-Montreuil

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